17 octobre: Territoire zéro Chômeur de longe durée

Présentation de l’expérimentation ATD Quart Monde « Territoire zéro chômeur de longue durée »

Compte-rendu de la conférence du mardi 17 octobre 2017 au Dôme Café à Montpellier. Animé par une élue de la ville dans laquelle est expérimentée ce projet, Jouques (13). Ce débat conférence s’est tenu pour clore la « 30e journée mondiale du refus de la misère » à Montpellier. Rédigé par Ulysse

L’émergence du projet :

Il s’agit d’une expérimentation issue d’une réflexion du mouvement ATD Quart Monde. L’idée de base est, qu’au regard du coût total qu’engendre l’assurance chômage, cet argent pourrait être reversé pour créer des emplois. Ainsi au terme de près de 10 années de réflexion et de construction de ce projet dans sa théorie, la proposition concrète a été portée au gouvernement. Et c’est en 2015 que cette loi expérimentale a été votée. Ainsi parmi une liste de territoires (communes, intercommunalités) postulants, 10 seront retenus.

Le projet « territoire zéro chômeurs de longue durée, dans les grandes lignes :

Il s’agit donc, avec un appui financier de l’État durant cette période expérimentale, de débloquer des fonds pour créer des emplois, l’État récupérant tout ou partie de cette somme auprès de Pole Emploi et de l’UNEDIC. En somme l’État est donc subventionne et in fine s’auto-rembourse avec ses deux organismes cités précédemment.

Ce budget va permettre de créer ou développer l’activité d’entreprises dites à but d’emploi (EBE), qui offriront des prestations locales sur des diverses activités professionnelles, exclusivement sur les territoires où se tiennent les expérimentations. Pour cela il faut créer des comités de pilotage pour chaque territoire, les EBE se dotent en parallèle du personnel nécessaire : un directeur, une équipe projet. Il concerne donc des chômeurs dits « de longue durée » (DELD), à savoir des chômeurs au chômage depuis plus de deux ans. Il s’agit pour ces derniers de postuler pour ces emplois qui vont se créer. C’est donc sur la base du volontariat que les demandeurs d’emploi (DE) vont s’inclure dans ce projet. Pour ce qui est du contrat de travail associé il s’agit de CDI sur toute la période d’expérimentation, au SMIC horaire et à temps plein ou non selon la volonté du postulant.

L’objectif final de cette expérimentation est de créer des activités rentables et pérennes, en d’autres termes que les EBE n’aient plus à porter ce projet. Il s’agit bel et bien de créer des emplois et non de remplacer certains par d’autres. Cela inclut également des appuis à des postes déjà existants. C’est pour cela que chaque territoire se dote d’une d’une commission de vigilance.
Infos complémentaires, notamment sur les territoires d’expérimentation :

tzcld.fr

La phase opérationnelle : l’exemple de Jouques :

La phase opérationnelle a démarré à Jouques en 2016, tout comme sur les autres territoires. Les premiers contrats de travail ont été signés cette année.
Jouques est une commune de 4600 habitants à une vingtaine de kilomètres au nord d’Aix en Provence. Sa population est assez concernée par le chômage, bien que proche de l’aire urbaine d’Aix-Marseille (la troisième de France). La ville compte 400 Demandeurs d’Emploi (DE) dont 170 DELD. Elle dispose de nombreux commerces mais pas de grandes surfaces. Parmi les autres caractéristiques de ce territoire il comporte des DE relativement diplômés.

A Jouques, comme pour les autres territoires, toutes les bonnes volontés sont les bienvenues pour créer des activités au sein du territoire exclusivement. Ainsi, les instances qui portent le projet y concourrent, tous comme des élus de la communes, les DE inclus dans le projet.

Outre ces activités à impulser, il s’agit d’inclure et rendre dynamique tous les DE volontaires sur ce projet. A donc vu le jour une commission emploi qui rencontre régulièrement tous ces DE, tient compte de leur rapport au travail parfois très opposé d’un individu à l’autre. Elle doit aussi tenir compte des âges, de la durée depuis laquelle les personnes n’ont pas travaillé. Au regard de ces éléments il y a donc 3 sous-groupes pour l’accompagnement au retour à l’emploi. En somme cette dynamique de groupe est complexe, contraignante et peut ralentir le retour en emploi pour plusieurs de ces DE.

A ce jour 20 contrats de travail sont en cours, et 40 postulants sont en attente. Pour ce qui est des emplois on relève : quelques postes d’appui à ceux existants, des emplois saisonniers (ou non) qui mis bout à bout permettent aux personnes en emploi d’avoir le taux d’emploi souhaité sur toute la période d’expérimentation. Le reste des emplois sont donc réfléchis et construits par les instances dirigeantes, les DE eux-mêmes.

En appui à ce projet les 10 territoires choisis collaborent « main dans la main » dans ce but de répondre au plus vite aux demandes d’emploi de tous les DE postulants sur les territoires. Car beaucoup de travail reste à faire. Mais ce projet motive beaucoup ceux qui l’expérimentent, tout comme d’autres territoires en attente.

 

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