Errances sur le Saloum…

De nos envoyés spéciaux au Sénégal, Anne et José.
SaloumULMImmense estuaire inversé : plus on s’éloigne de la mer, plus l’eau est salée car les fleuves Sine et Saloum ne sont plus alimentés  en eau douce depuis les grandes sécheresses de 1967 et1970, accompagnees par la déforestation exigée par la monoculture de l’arachide pendant plus de 30 ans.
Cet estuaire est caractérisé par un dédale  de bras – les bolongs- qui se rejoignent ou se perdent, entourant des iles de toutes les dimensions. Les villages  apparaissent au détour d’un méandre, au bord du grand chenal, ou bien bien loin.
La vie s’écoule au rythme des marées, des vents et des saisons.
pirogues
La pirogue est reine, moyen de transport et outil de travail pour les pêcheurs.
Les villages et les iles ont chacun des personnalités bien différentes selon qu’ils se trouvent au milieu des palétuviers ou plus en amont, proches des grands marais asséchés et blancs de sel.
La pêche est la principale ressource de la population du Saloum, avec les poissons, les crevettes, les coquillages. Filets jetés en travers d’un bolong , seine de pêche (un filet tenu peche1aux deux bouts par des dizaines de personnes qui peu a peu se rejoignent sur la plage), pêche a la ligne, casiers pour les crevettes, mais aussi pêche nocturne en tirant a deux un filet dans l’eau  entre 1 m et 1,30m, ramassage des coquillages, surtout par les femmes. Les produits de la pêche sont conserves dans la glace et amenés vers les camions frigorifiques qui arrivent a quelques debarcadaires. Ils sont aussi la base de l’alimentation, frais, séchés ou salés.
milLes autres activités sont les cultures et récoltes du mil et de l’arachide, des légumes.
Enfin le tourisme  qui a été très développé ces 15 dernières années. 
« Campements », hôtels, restaurants, tours en pirogues et en charrettes, vente d’artisanat – couture, tissus, bijoux, vanneries, travail du bois, sculptures, peintures, etc…Mais aujourd’hui les européens viennent très peu,c’est dur, beaucoup de structures sont a l’abandon.´
Alors reste la vie traditionnelle, le ballet des pirogues de transport et de pêche, les fêtes de mariage et baptême, les grands rassemblements a l’occasion des tournois de lutte -le sport magnifique national particulièrement pratiqué dans les iles du Saloum. Tous les soirs, avant le coucher du soleil les jeunes garçons et hommes s’entrainent sur les plages…
Adjapaletuvier
Tant de choses seraient a raconter sur ces lieux superbes aux paysages si varies, depuis les étroits passage entre les palétuviers, aux immensités où l’on semble être sur l’eau en plein désert de sable et de sel. Les couleurs de l’eau, le miel et l’ocre du sable, les noirs marrons de la boue, le blanc du sel, les baobabs, les palétuviers, les gerbes d’herbe dorée, le ciel du lever au coucher du soleil, les nuits noires étoilées, la pleine lune…, les petits renards, le rire des hyienes, les milieux d’oiseaux si divers.
Cependant le plus fort restent les rencontres
A terre, toute la vie des villages et petites villes au rythme des charrettes a cheval ou a ane, où l’accueil et le partage restent la règle, sur l’eau les pêcheurs et leurs filets. Les rencontres restent notre domaine privé car difficiles a partager.
Depuis presqu’un mois nous avons la chance de naviguer dans cet estuaire magique.
Envie de partager l’impression que nous avons de côtoyer une simplicité heureuse… ou la fin d’un monde. 

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